J’ai lu avec attention la tribune – dont vous êtes cosignataire – qui appelle à « soutenir Ludovic Fagaut » et je dois vous faire part ici de mon incompréhension face à une posture qui me semble – désolée de le dire de façon un peu directe – manquer diablement de cohérence.
Commençons par un point sur lequel nous tomberons facilement d’accord… Vous affirmez que “l’économie est le moteur qui finance nos services publics”. C’est juste, mais vous oubliez de dire qu’une partie de l’économie – l’économie financiarisée, spéculative – échappe à toute contribution. Vous oubliez aussi de dire que l’inverse est au moins aussi vrai : la décision d’implantation d’une entreprise est presque toujours liée à la qualité des services publics au sein de l’écosystème où elle travaille et produit, ainsi qu’à la formation et à la qualification de la main d’œuvre. Sur ce point, beaucoup a été fait, avec l’appui de la Région.
Il nous faut ici rentrer dans les détails… et dire quelle économie nous voulons. Celle des « grands projets » du siècle dernier – ici, une autoroute ; là, une arena de 6000 places – réalisés par de grands groupes privés étrangers au territoire ? Ou celle qui permet aux entreprises du territoire de remplir leur carnet de commandes ?
À l’inverse, lorsque le gouvernement – faute d’oser mettre à contribution les Bolloré et autres Saadé – coupe dans les budgets des collectivités – communes, départements, régions – il menace leur capacité à investir et affaiblit directement l’économie locale.
Une ville plus verte, plus belle, avec un cadre de vie de qualité, est par définition plus attractive. Et notre ville l’est ! C’est un territoire dans lequel les investisseurs se projettent. Et ils le font ! Anne Vignot a défendu cette vision tout au long de son premier mandat et entend la poursuivre.
une performance notable dans un contexte national et international pourtant morose.
L’enjeu du commerce de proximité est également cité. Il est pour le moins paradoxal que la droite s’approprie ce combat alors même qu’elle a défendu pendant des décennies l’installation de centres commerciaux et d’hypermarchés à toutes les sorties de nos villes et qu’elle continue à défendre une économie mondialisée, favorisant le e-commerce au détriment de notre industrie et de notre artisanat.
Vous insistez sur la « stratégie événementielle » ? Voilà un sujet sur lequel Anne Vignot s’est investie avec vous, avec l’union des commerçants comme avec le comité régional du tourisme. Besançon était déjà repérée pour les événements sportifs ; elle est devenue une référence du sport nature.
- « Grandes Heures Nature » est désormais un festival majeur qui irrigue la ville chaque mois de juin.
- En septembre, « Livres dans la Boucle » a grandi et comble le vide laissé par la suppression – par Ludovic Fagaut et la droite départementale rappelons-le ! – du festival « Les Mots Doubs ».
- Et c’est sans parler du succès du festival Bitume et des Plumes, du carnaval, organisé avec certains d’entre vous, ou encore de la Fête de la musique.
Votre tribune évoque enfin l’enjeu des infrastructures et notamment du TGV. Sur ce point, Anne Vignot se bat sans relâche depuis des années pour obtenir le retour d’une liaison vers Lille et pour maintenir la desserte de la gare Viotte. Faut-il rappeler ici que les décisions dépendent largement de la SNCF, de SNCF-Réseau et du ministère des Transports, qui ne sont pas à proprement parler des officines écolos ? Et que le député qui figure en bonne place sur la liste de Mr Fagaut ne s’est pas montré plus efficace, sans que vous songiez à lui en tenir grief ?
Encore une mise au point : quand vous plaidez le besoin “d’interlocuteurs qui maîtrisent la complexité technique des dossiers”, je n’ose pas imaginer que – cédant à un sexisme d’un autre temps – vous mettiez en doute les compétences de la maire. Vous savez parfaitement que le développement économique et l’aménagement de notre territoire sont des compétences de la métropole, dont les services sont partout reconnus comme d’excellente qualité. Alors, c’est vrai, ils ne font pas tout ce que vous exigez… Il leur incombe de faire respecter le droit, et les règles dont GBM s’est dotée, et le cadre budgétaire voté par des élus de toutes couleurs…
Parce que gouverner, c’est prévoir ; parce que les promesses n’engagent que celles et ceux qui s’y laissent prendre, et que les dossiers se présentent rarement sous un jour aussi simple que le disent les programmes déposés dans les boîtes aux lettres, je vous invite à réfléchir à nouveau à l’avenir de notre ville, à la responsabilité singulière qui est la vôtre, producteurs de richesses et d’emplois, de penser enfin à celles et ceux qui y vivent, aiment, travaillent et élèvent leurs enfants.
Disponible pour poursuivre le dialogue engagé depuis longtemps avec certains d’entre vous, quelle que soit l’issue du vote dimanche, je renouvelle ici ma conviction qu’Anne Vignot est la candidate qu’il nous faut pour adapter notre ville au monde qui vient.
Dominique Voynet
